22/11/20107

Guide de pêche en hibernation…

 

 

    Non, pas d’inquiétude, je ne m’ennuie pas pendant l’hiver ! Un passionné de truite, qui plus est pêcheur à la mouche, est programmé selon deux modes de fonctionnement pendant l’année. Le premier est en vigueur de mars à septembre, période durant laquelle nous pouvons profiter pleinement de notre passion et du temps passé au bord de l’eau, le second, les six autre mois de l’année, est le temps de la préparation de la saison suivante…

 

 

    Quand arrive l’automne, il est grand temps de laisser nos partenaires de jeu prendre des forces avant d’affronter l’hiver dans les meilleures dispositions possibles, afin que la reproduction naturelle, qui intervient selon les conditions entre novembre et janvier, soit la plus efficace. Alors pendant que les truites et autres saumons jouissent, en toute  tranquillité, de la rivière pour eux seuls, laissant aller leurs pulsions naturelles pour assurer leur descendance, le pêcheur rentre dans une autre phase.

 

 

    D’abord faire le bilan de la saison, le bien et le moins bien, le tri des photos qui ravive toujours les souvenirs de la période passée, l’inventaire du matériel qui a souffert pendant  un printemps et un été mouvementés. Puis doucement, le pêcheur - et c’est encore plus vrai pour le guide de pêche - se tourne vers le mois de mars prochain, qui, malgré tout, arrivera assez vite !

 

 

    Les moucheurs débutants que j’accompagne pendant la saison sont toujours navrés lorsque leur manque de maîtrise envoie subitement une mouche dans un arbre de l’autre côté de la rivière. C’est la dure loi de l’apprentissage : on doit passer par là pour emmagasiner de l’expérience et faire que nos gestes soient les plus précis au fur et à mesure que l’on pratique ce sport parfois dur pour les nerfs. Et à jamais les pêcheurs à la mouche perdront de temps en temps leurs artificielles si chères dans un arbre ou sur un rocher, car même avec des années d’expérience, et avec l’envie de toujours poser sa mouche au plus près des postes les plus encombrés et inatteignables (ce sont eux qui abritent les poissons les plus méfiants, souvent les plus gros !), un « accident » est vite arrivé…

 

 

    En hiver donc, lorsque les journées se font courtes et les soirées plus longues, je ré-ouvre mes boîtes à mouches pour d’abord faire l’état des lieux de sortie (c’est pas brillant !), puis s’entreprend un long travail pour qu’au second samedi de mars, quand l’heure de repartir à la pêche aura sonné, elles soient bien remplies et m’offrent un maximum de chances de posséder l’imitation dont j’ai besoin à un moment T, pour séduire un poisson X.

 

 

    Si la pêche à la mouche est souvent considérée comme un art, même si accessible à tout le monde, le montage des artificielles qui nous servent à leurrer les truites n’en est pas moins un ! C’est un travail de patience, très minutieux, qui n’autorise que peu les gestes brusques et imprécis. Une discipline qui s’apprend, aussi, et dont certains virtuoses s’en sont fait un métier.

 

 

    Habiller un hameçon à l’aide de plumes, poils, autres matériaux naturels ou synthétiques, de manière à imiter les insectes aquatiques dont se nourrissent les truites dans leur rivière, tel est l’objectif de cet art. Grâce aux années de pratique, je sais exactement, ou presque, les modèles de mouches artificielles dont j’aurai besoin la saison prochaine pour prendre et vous faire prendre des poissons sur les Nives, quelles que soient les conditions.

    La première, cet hiver, qui va venir renflouer mes boîtes, est une imitation qui peut fonctionner de mars à septembre dans nos rivières, à condition d’être déclinée en plusieurs tailles et coloris. En début de saison, dans des tons gris/brun, sur les éclosions précoces de March brown et Baetis rhodani  (souvent confondues par les non-initiés), elle fera son travail!

 

13/06/2016

La Croatie, une vraie destination pêche !

 

A un coup d’aile d’avion ou bien quelques heures de voiture, la Croatie est devenue une destination touristique prisée des européens. Connu pour la beauté de sa côte Adriatique, ce pays regorge d’autres richesses lorsque l’on pénètre dans son arrière pays montagneux. Loin de l’effervescence des stations balnéaires, c’est à Brod Na Kupi, petit village de montagne habité par à peine plus de 200 habitants, que j’ai posé mes valises pour une semaine en compagnie de  trois autres fous de pêche à la mouche.

 

La Kupa devant le gîte

A deux pas du village, plusieurs rivières dont la réputation n’est plus à faire tant la densité en truites et ombres y est impressionnante. Les effets d’une gestion piscicole entièrement portée sur le tourisme pêche, ainsi que l’absence quasi-totale d’atteintes d’ordre agricoles ou industrielles, permettent de voir au premier coup d’œil que ces eaux limpides grouillent de vie…

 

La Kupica à Brod Na Kupi

La Kupa, grande rivière faisant frontière avec la Slovénie, reçoit ici la Kupica et la Curak, cours d’eau plus modestes mais tout aussi riches. L’hébergement, tenu par Rasta, un Croate francophone d’une gentillesse sans égal, a littéralement les pieds dans la rivière. En bref, un cadre parfait pour le pêcheur à la mouche. D’ailleurs, la pêche à la mouche est ici la seule et unique technique autorisée par la société gestionnaire du territoire.

 

Au début plutôt sceptique lorsque l’on me promettait pas moins d’une trentaine de captures en une journée, mes doutes furent levés dès la première matinée de pêche sur la Kupa…

 

Les journées de pêche, bien remplies, se sont succédées avec toujours le même succès quelque soient les secteurs et les rivières prospectées. Car pour être franc,  dès lors qu’une mouche sèche dérive sans accroc sur la surface de l’eau, les chances de la voir disparaître dans la gueule d’un poisson sont élevées…

 

Si les ombres sont omniprésents dans les courants de la Kupa et la Kupica, il faut se concentrer sur les bordures pour prendre des truites, plus discrètes, et minoritaires dans ces rivières. Mais à mesure que l’on monte sur les têtes de bassin, les ombres laissent progressivement la place aux truites, qui offrent une qualité de pêche exceptionnelle dans des paysages sauvages intacts.

 

Outre l’immense potentiel qu’offrent ces rivères à notre passion de la pêche, l’authenticité de l’environnement permet d’observer en nombre la faune sauvage des montagnes croates. Petits mammifères, renards, lièvres, chevreuils, cerfs et sanglier se partagent la forêt qui recouvre la quasi-totalité du relief. Cette diversité permet aux grands prédateurs d’occuper également cette montagne. Loups, Lynx et ours ne sont jamais très loin des villages…dépaysement total !

 

Et que dire de l’immense privilège auquel j’ai eu droit lorsqu’un ours est venu traverser la Kupa quelques mètres en amont de ma soie. Quelques frissons, quelques photos, et à bientôt… Non, je n’étais pas en Alaska…

 

La pêche en mouche sèche fût reine tout au long du séjour, et même en l’absence d’éclosions et de poissons actifs, la prospection de tous les postes porte ses fruits du lever du jour au fameux « coup du soir ». Il n’est pas rare de prendre plusieurs ombres dans une même veine d’eau, sans même bouger les pieds! le rêve, non ?!

 

 

Encore mieux que de longues phrases, les photos qui suivent donnent un bon aperçu de ce que peut offrir la Croatie à un pêcheur à la mouche. Et comme un voyage est fait pour être partagé, je mettrai en place, dès le printemps 2017, un séjour pour vous, pêcheurs passionnés, durant lequel je vous guiderai le long de ces rivières magiques…

 

14/03/2016

Une année de plus...

 

Ce jour là, lorsque le réveil sonne, on a déjà les yeux bien ouverts et on se remémore depuis quelques minutes (ou quelques heures…) les sorties de pêche des années passées...

 

On y est, second samedi de mars, c’est l’ouverture!

On est tous pareils, on attend avec excitation ce fameux jour pendant 6 mois, on imagine des tas de scénarios possibles, mais bien souvent on doit se remettre en question au moment où nos yeux se posent sur la rivière ce matin là…

 

Traditionnellement, cette journée se passe en famille ou entre amis, pour moi cette année c’était en famille. Mon père, qui m’a appris la pêche de la truite dès mon plus jeune âge, et qui a fait naître en moi cette passion qui ne cesse de grandir chaque année, s’est joint à moi pour honorer ce premier jour de pêche de la saison.

 

Quelques jours précédant cette ouverture, les rivières du  Pays Basque, que ce soit sur le bassin des Nives ou bien celui des Gaves, étaient gonflées par de fortes précipitations. Mais l’accalmie tant attendue a permis aux cours d’eau de retrouver des niveaux plutôt corrects pour le jour J.   

C’est aux appâts naturels que nous avons choisi d’évoluer pour cette partie de pêche. Cette technique s’avère souvent la plus payante en début de saison, à condition d’avoir localisé les veines d’eau dans lesquelles dame truite est mordeuse, et de lui présenter notre ver de berge à la bonne vitesse et la bonne profondeur. Cependant, les courageux pêcheurs à la mouche ont certainement eu l’occasion de leurrer quelques truites en nymphe, et même en sèche s’ils ont eu la chance d’assister à une éclosion de notre bien aimée Brune de mars, qui a le don de rendre les truites gloutonnes… D’ailleurs, vers 13h de ce 12 mars, lorsque la surface de l’eau s’est trouvée maculée de March Brown dérivant par dizaines et se faisant sauvagement gober par des poissons furieux, je n’étais pas peu fier de moi en pensant à mes boîtes à mouches qui étaient bien au chaud …à la maison. (J’y penserai l’an prochain, juste avant que le réveil sonne…)

 

Concernant la pêche proprement dite, comme nous pouvions l’imaginer, les truites se tenaient dans des veines d’eau assez profondes et plutôt lentes. Et en insistant assez pour trouver le bon timing de la dérive, et évidemment le plombage parfait, quelques truites raisonnables nous ont fait le plaisir de venir tutoyer l’épuisette le temps d’une photo. A ce sujet, j’encourage d’ailleurs les pêcheurs à écourter au maximum les combats quand les eaux sont froides comme en ce début de saison. A la sortie de l’hiver, ces poissons ont  peu de réserves énergétiques disponibles, ils se fatiguent très vite et un combat trop long, ainsi qu’une remise à l’eau un peu tardive, même bien réalisée, peuvent leur être fatal.

 

C’est fou comme après tant de journées froides de mars passées au bord de ces rivières, depuis toutes ces années, la joie reste intacte de toucher sa première truite de la saison. Qu’elle soit grande, petite, grosse ou maigre, à gros points noirs ou à petits rouges, peu importe, le sourire est là, et la saison est lancée…

 

01/06/2014

Le temps des cerises...

 

Le printemps s'est enfin installé sur le Pays basque, les brebis ont été débarassées par leur bergers de leur épaisse toison protectrice de l'hiver. Un soleil chaleureux brille sur le bassin des Nives, réchauffant l'eau qui y coule, et ce qui permet de pêcher régulièrement... en mouche sèche! 

 

Cependant, le mois d'avril a tout de même été celui de la pêche en nymphe et aux appâts naturels. Le niveau d'eau et les conditions climatiques étaient parfaits pour nous offrir de belles récompenses.

 

Alain, néo-pêcheur au toc, habitué à pêcher les torrents de montagne au fasciès rocailleux, a pu se familiariser avec la pêche en dérive naturelle sur les Nives. "Je n'aurais jamais imaginé pêcher, et encore moins prendre des poissons en plein courant dans ces rivières..." m'a-t-il confié à la fin de son séjour. En effet, la bonne application de mes conseils, ajoutée à une bonne dose de patience, lui aura permis de prendre de jolies truites grâce à cette technique qu'il ne connaissait pas.

A mesure que les cerises rougissaient sur les flancs des coteaux basques, les eaux sont devenues plus basses, plus chaudes, et plus limpides. Des conditions idéales pour renouer avec la pêche à la mouche en surface, et à vue. Malgré des années de pratiques, l'émotion est toujours au rendez-vous quand une belle panthère regarde vers le ciel et se saisit de l'artificielle qu'on lui présente... et que dire du plaisir ressenti lorsqu'un néophyte a la chance de vivre ce moment grâce à vos conseils!

 

Outre les journées où nombres d'éphémères et autres trichoptères ont dévalé sur les bordures et les lisses des Nives, nous avons eu le bonheur de vivre également les premiers "coups du soir" fructueux de la saison.

 

 

A la fin du mois de mai, une période pluvieuse a mis fin aux belles journées ensoleillées. Mais le printemps se termine tout de même avec des certitudes et des points positifs : les truites se portent bien au Pays Basque, les rivières ne manquent pas d'eau, et... les cerises étaient très bonnes!

 

Aucun doute, le début de l'été tiendra toutes ses promesses dans les vallées verdoyantes du Pays Basque...

 

 

09/04/2014

En dents de scie...

 

En dents de scie, comme la qualité de la pêche depuis maintenant un mois qu'elle est ouverte... En dents de scie, comme les courbes de niveau d'eau des rivières du piémont pyrénéen depuis plusieurs semaines.

 

Voilà comment résumer ce début de saison 2014 plutôt difficile. La météo nous a joué des tours, alternant pluie, neige à basse altitude et belles journées dont les températures ont largement dépassé les normales de saison.

 

Pour pêcher en mouche sèche, il a fallu s'accrocher, qui plus est pour obtenir de faibles résultats. C'est donc aux appâts naturels et en nymphe au fil ou a la roulette que quelques poissons ont eu l'occasion de venir à l'épuisette...

 

Christopher, venu au pays basque pour la journée, a pu renouer avec la Grande Nive en prenant de jolies truites n'ayant visiblement pas trop souffert de la période hivernale.

 

Pour séduire les belles, il aura fallu insister dans les veines d'eau les plus lentes. A cette période de l'année, dame truite ne se déplace que peu pour s'emparer de la bouchée que nous lui proposons.

 

Les conditions étant trop peu souvent réunies pour assister à des éclosions, les sorties suivantes se feront en nymphe, parfois lourde pour atteindre les poissons au plus profond de leurs postes. Tantôt en Tenkara sur les têtes de bassin, tantôt avec une technique plus classique sur les rivières du piémont...

 

 

 

 

 

 

La belle surprise de début avril aura été la capture d'un ombre commun de 40 cm, chose plutôt rare dans le département. Capture accidentelle, puisque la période de reproduction de cette espèce se finit tout juste. Ce poisson, marqué physiquement par les ébats des dernières semaines, s'est pendu à une nymphe pourtant destinée aux truites.

 

Ce moment fut un réel plaisir, et montre bien que l'introduction de l'ombre sur certains secteurs du département porte tout de même ses fruits...

Aujourd'hui, les cours d'eau du bassin du Gave d'Oloron drainent des eaux grisonnantes synonymes de fonte des neiges et de pêche plus que difficile. Cependant, le bassin des Nives, à la faveur de l'anti-cyclone maintenant installé sur la France, retrouve peu à peu un niveau correct.

 

Prometteur...

 

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